[Séminaire] Société numérique : de quelle loyauté avons-nous besoin ?

25/04/2016 par Stéphane | Aucun commentaire

Jeudi 19 mai 2016, de 13h30 à 15h
Télécom ParisTech, 46 rue Barrault, 75013 Paris

La loyauté n’est pas un concept nouveau en économie de marché, même si son introduction dans le droit commercial est relativement récente. Mais l’économie numérique, aujourd’hui caractérisée par des asymétries de pouvoirs fortes, aussi bien entre acteurs économiques qu’entre ceux-ci et les utilisateurs, nous oblige à le revisiter, voire à le réinventer.

Projeté dans le débat public français par le Conseil National du Numérique, dans son rapport Ambition numérique, il est en bonne place dans le projet de loi numérique en débat actuellement, portant notamment modification du Code de la consommation.

Quel est le contexte qui explique la montée en charge de ce concept ? A quel type d’acteurs et de transactions, marchandes ou non, doit-il s’appliquer ? A quels dispositifs socio-techniques (notes et avis, algorithmes…) ? Au-delà d’une obligation de principe, quels sont les outils d’une implémentation effective de la loyauté, et quels peuvent en être les marqueurs ? Jusqu’à quel point la loyauté est-elle un concept juridique efficace nous permettant de répondre aux dysfonctionnements constatés ?

Photo : Olivier Ezratty pour www.qfdn.net

Photo : Olivier Ezratty pour www.qfdn.net

Valérie Peugeot est actuellement prospectiviste au sein du laboratoire de sciences sociales et humaines d’Orange Labs où elle travaille sur des sujets de recherche comme l'économie collaborative, l'évolution du travail dans une société numérique, la place des données personnelles dans l’économie du web, les mégadonnées et l’open data, etc. Après avoir été Vice-présidente du Conseil National du Numérique, de 2013 à 2015, elle a rejoint la CNIL en avril 2016. Elle préside l'association Vecam, think tank citoyen qui depuis 20 ans déchiffre les enjeux sociétaux liés au numérique et a publié plusieurs ouvrages sur les biens communs de la connaissance.

 

Comprendre les stratégies des plateformes de crowdfunding

8/06/2015 par Stéphane | Aucun commentaire

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Si certaines personnes laissent sur le Web des informations personnelles de manière involontaire, d'autres contribuent de manière active aux communautés socio-numériques (comme celles d'Ebay, d'Amazon, de Wikipedia, de Twitter, de YouTube) en laissant des notes, des avis, des commentaires, des classements de produits et services, voire en postant des photos. Comprendre pourquoi les internautes contribuent à ces communautés devient un enjeu économique de premier ordre, car leurs contributions génèrent des revenus substantiels pour les plateformes.

Le séminaire s'attachera, dans le contexte des plateformes de financement participatif (en anglais "crowdfunding"), à analyser les stratégies de ces plateformes pour que le plus grand nombre d'internautes y participe. Il visera à fournir une description du secteur du financement participatif en étudiant les différents types de plateformes qui organisent ce financement. Il soulignera les fonctionnalités clés de ce secteur en développement rapide et explorera les forces économiques en jeu qui peuvent expliquer différentes fonctions d'intermédiation que remplissent ces plateformes, notamment en vue de faciliter les transactions et de réduire les problèmes informationnels.

Vous n'avez pas pu assister au séminaire ?

Le conférencier

Paule.BelleflammePaul Belleflamme est diplômé en Économie de l'Université de Namur (1991), où il a soutenu son Doctorat en Économie (1997). Il possède également un Master en Économie de l'Université de Columbia (1992). En 1998, il est devenu Maître de conférence à l'Université Queen Mary de Londres, où il a obtenu un "Post Graduate Certificate in Academic Practice" (PGCAP) en novembre 2001.

Depuis 2002, il est Professeur à l'Université catholique de Louvain. Il est rattaché au Center for Operations Research and Econometrics (CORE) et à l'Ecole de Management de Louvain, où il enseigne dans les champs de l'organisation industrielle et de l'économie de l'innovation.

Paul Belleflamme a largement publié dans des revues économiques de premier plan et il est l'auteur, avec Martin Peitz, de Industrial Organization: Markets and Strategies (Cambridge University Press, 2010). Il fait également partie des comités de rédaction de plusieurs revues scientifiques.

 

Séminaire du 2 avril : Sommes-nous réductibles à nos traces ? Éléments pour une éthique à l’ère numérique

16/02/2015 par Stéphane | Aucun commentaire

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Parallèlement à la surveillance généralisée à l’ensemble des citoyens, dont on perçoit assez aisément les conséquences sur les libertés individuelles, le développement de toute une économie des données personnelles (ce qu’on nomme le data mining) a des répercussions ontologiques et éthiques particulièrement insidieuses. Les logiques industrielles qui se développent en faveur de l’exploitation des données personnelles sont désormais telles qu’elles laissent présager de graves confusions entre les informations que nous laissons au gré de nos navigations sur la toile (ou de nos achats en ligne) et ce que nous sommes, c’est-à-dire par l’invention permanente de nous-mêmes. Le devenir des subjectivités est irréductible à des modes de captation marchande et aux logiques de quantification algorithmique qu’ils supposent. Faire entendre la voix de ce qui n’est pas quantifiable, de ce qui n’est pas réductible à une pure rationalité instrumentale, constitue en ce sens un défi socio-philosophique de premier plan.

pierre-antoine.chardel.150x200Pierre-Antoine Chardel est philosophe de formation, docteur de l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales et titulaire d’un PhD de l’Université Laval (Canada), habilité à diriger des recherches en sciences sociales de l’Université Paris Descartes, professeur de philosophie sociale et d’éthique à Télécom Ecole de Management (Institut Mines-Télécom) où il est responsable de l’équipe de recherche « Ethique, Technologies, Organisations, Société » (ETOS) et co-fondateur de la chaire Valeurs et politiques des informations personnelles. Il enseigne également à la Faculté des sciences humaines et sociales de l’Université Paris Descartes – Sorbonne. Depuis janvier 2014, il est directeur adjoint du Laboratoire Sens et Compréhension du Monde Contemporain (LASCO – Monde Contemporain), Institut Mines-Télécom / Université Paris Descartes.

Informations pratiques

Le jeudi 2 avril de 13h30 à 15h à l’Institut Mines-Télécom, 46 rue Barrault, 75 013 Paris

Inscription

 

Séminaire 12 février « Surveiller et punir à l’ère numérique : transformations de la représentation et de la frontière entre espace public et espace privé »

6/02/2015 par Stéphane | Aucun commentaire

LASCOupdInstitut Mines Télécom

Dans le cadre du séminaire de recherche « Crises et critique. Espace public et représentations sociales à l’ère numérique » organisé par LASCO Laboratoire Sens et Compréhension du Monde Contemporain, Université Paris Descartes / Institut Mines-Télécom en collaboration avec l’équipe de recherche ETOS de Télécom Ecole de Management. Organisé par Alice Canabate, Pierre-Antoine Chardel, Marie Goupy, Jan Spurk et en collaboration avec la Chaire Valeurs et Politiques des Informations Personnelles.

Intervention de Valérie Charolles, philosophe, magistrat, auteure de Philosophie de l'écran (Fayard, 2013)

Les technologies numériques permettent une surveillance massive et néanmoins invisible, que l’on peut examiner au regard de l’ « état d’exception » décrit par Giorgio Agamben. Les frontières auxquelles nous sommes habitués se trouvent également redimensionnées. Sur cette base, le soubassement sur lequel se fonde l’éthique moderne telle qu’elle s’incarnait chez Kant - celui d’une distinction simple entre l’homme et la nature, entre naturalité et humanité - devient impossible à tenir. Ce que l’on peut appeler la fin de la naturalité appelle donc une nouvelle manière d’agencer savoir et décision.

Informations pratiques

Date et heure : le jeudi 12 février de 17h à 19h

Lieu : Sorbonne, salle F 673 (escalier G2 1er étage), entrée place de la Sorbonne, rue Victor Cousin

>> Programme complet des séances du séminaire pour l'année universitaire 2014-2015

Séminaire le 15 janvier : Le jeu vidéo dématérialisé : quels usages ? quels impacts sur la chaîne de valeur ?

7/01/2015 par Stéphane | Aucun commentaire

Dans le cadre de la mission légale d’observation des utilisations licites et illicites de l’Hadopi, le DREV (Département Recherche, Études et Veille de l'Hadopi), avec l’appui du SNJV (Syndicat National du Jeu Vidéo), a confié à l’Ifop la réalisation d’une étude sur le jeu vidéo dématérialisé et l’impact de cette dématérialisation sur l’économie du jeu vidéo, sa création et les pratiques illicites.

Les enseignements tirés de cette étude peuvent nourrir la réflexion pour tous les autres secteurs de création culturelle. Premièrement, la croissance du marché du jeu vidéo est désormais majoritairement portée par la distribution dématérialisée. Le jeu vidéo a su multiplier les modèles économiques et adapter ses sources de revenus aux usages des joueurs.

Deuxièmement, la chaine de valeur de l’industrie est fortement impactée par la dématérialisation et la perception du prix juste aux yeux des joueurs est perturbée. Troisièmement, la question de la consommation illicite - du « piratage » - s’est complexifiée et dépasse le problème de la circulation de copies illicites. Avec la dématérialisation, elle s’est diversifiée et les pratiques illicites ont prises de nombreuses formes.

www.hadopi.fr/actualites/actualites/etude-sur-le-jeu-video-dematerialise

Les intervenants

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 Florence ICARD
Département recherche étude et veille de l'Hadopi

 Raphaël BERGER
Directeur du Département Média & Numérique de l'Ifop

Informations pratiques

Date et heure : le 15 janvier 2015 de 13h30 à 15h

Lieu : Institut Mines-Télécom, 46 rue Barrault, 75013 Paris. Métro Corvisart (Ligne 6). Salle B 543

 

 

 

 

 

Séminaire : Le « droit à l’oubli »

28/11/2014 par Stéphane | Aucun commentaire

Laurent.CytermannLaurent Cytermann est maître des requêtes au Conseil d’Etat. En tant que rapporteur général adjoint, il a été l’un des auteurs de l’étude annuelle 2014 du Conseil d’Etat, « Numérique et droits fondamentaux ».

Sujet de débat depuis de nombreuses années, le « droit à l’oubli » a fait une entrée fracassante dans le droit positif avec l’arrêt Google Spain de la Cour de Justice de l’Union Européenne (CJUE) du 13 mai 2014. En quelques mois, ce sont plus de 100 000 demandes de « déréférencement » qui ont été adressées à Google, tandis que d’autres moteurs de recherche ont également mis en place leurs propres procédures.

L’arrêt de la CJUE est cependant loin d’avoir levé toutes les interrogations. Certaines portent sur la légitimité même du « droit à l’oubli », avec la crainte d’une atteinte excessive à la liberté d’expression et du développement de pratiques de manipulation de l’information accessible en ligne. D’autres ont trait à la mise en œuvre de ce droit et portent notamment sur le pouvoir de décision ainsi reconnu aux exploitants de moteurs de recherche. Enfin, on peut se demander dans quelle mesure le « droit à l’oubli » pourrait s’exercer à l’encontre d’autres acteurs, par exemple les réseaux sociaux.

La présentation, qui s’appuie sur l’étude annuelle du Conseil d’Etat, s’efforcera d’abord de resituer le « droit à l’oubli », qu’il vaut mieux qualifier de droit au déréférencement, dans son cadre juridique, en expliquant le raisonnement de la CJUE. Elle examinera les questions posées par sa mise en œuvre et exposera les recommandations faites à cet égard par le Conseil d’Etat. Enfin, une réflexion plus prospective sera développée sur la conciliation entre droit à la vie privée et liberté d’expression dans l’univers numérique.

Informations pratiques

Date : jeudi 11 décembre 2014 de 13h30 à 15h
Lieu : Institut Mines-Télécom, 46 rue Barrault, 75013 Paris - Amphi Emeraude

Séminaire « Internet d’émission et digital labor »

6/11/2014 par Stéphane | Aucun commentaire

L'arrivée de l'Internet des objets coïncide avec un changement de paradigme – d'un Internet de publication où les données sont produites en sollicitant la volonté de l'utilisateur, à un Internet d’émission où les données sont extraites d'un environnement saturé de capteurs et de dispositifs de traçage. Les wearables, les villes et les maisons intelligentes nous mettent donc face à de nouveaux enjeux, surtout pour ce qui est de notre rapport au travail.

Les données que nous émettons sont aussi le produit de notre activité, le fruit de notre "digital labor". Cette formule désigne des activités partagées, non spécialisées, quotidiennes, et qui concernent surtout les usagers de plateformes sociales, d'objets connectés ou d'applications mobiles. Il s'agit d'une production à faible intensité et à faible expertise mise à profit via des algorithmes et des fouilles de données. Cette nouvelle forme de l'activité travaillée s'articule aussi avec une économie informelle qui cache sa précarisation croissante de l'emploi derrière les mot d'ordre du "partage" ou de la "contribution", qui brouille la frontière entre travail et vie à travers les catégories de playbor ("play" et "labor") ou de weisure ("work" et "leisure").

Reconnaître ce travail qui ne dit pas son nom, signifie aussi reconnaître les modalités spécifiques de conflictualité qu'il engendre. Dans le contexte de l'Internet des objets, il est possible d'envisager chaque habitation comme une "usine à données". Qui régit cette usine ? Quelle loi la règle ? Quid du rapport entre le citoyen travailleur et la collectivité ? Par où passe la protection des droits de celui qui émet les données qui sont une partie vitale de l'économie contemporaine ?

Antonio CasilliL'orateur : Antonio Casilli

Antonio A. CASILLI est maître de conférences à Télécom ParisTech (Institut Mines-Telecom) et chercheur associé au Centre Edgar-Morin (EHESS, Paris).

Ses publications (liste exhaustive à retrouver sur sa page personnelle) comprennent “Against the Hypothesis of the End of Privacy” (Springer, 2014 ; co-écrit avec Paola Tubaro et Yasaman Sarabi) et “Les liaisons numériques” (Ed. du Seuil, 2010). Il anime le blog de recherche Bodyspacesociety.eu, et tweete avec le compte @AntonioCasilli.

Informations pratiques

Date : jeudi 20 novembre 2014 de 13h30 à 15h
Lieu : Institut Mines-Télécom, 46 rue Barrault, 75013 Paris - Salle B543